Série Héritage IPIC100 : Joan Clark
Après avoir obtenu un B.A. de l’Université McGill, elle a poursuivi des études en droit en français à l’Université de Montréal. En tant que femme, Joan Clark a dû faire œuvre de pionnière dans les choix qu’elle a faits pour elle-même. Elle était la seule anglophone au cours de ses deux premières années à la Faculté de droit de l’Université de Montréal. Elle a néanmoins obtenu son diplôme avec la mention magna cum laude, terminant première de sa promotion et recevant la Médaille du Gouverneur général en 1954 — devenant ainsi la première femme à accomplir cet exploit.
Admise au Barreau du Québec, Joan Clark s’est jointe à Ogilvy Renault en 1954, aujourd’hui Norton Rose Fulbright, où elle est demeurée pendant toute la durée de son illustre carrière. Mlle Clark, comme on l’appelait dans tout le cabinet, a été la première femme associée du cabinet et la première femme à diriger un groupe de pratique, soit celui de la propriété intellectuelle. Elle est également devenue membre du Barreau de l’Alberta en 1977.
Plaideuse accomplie et tenace devant les tribunaux, Joan Clark s’est présentée à trois reprises devant la Cour suprême du Canada à titre d’appelante et a obtenu gain de cause chaque fois, contre toute attente.
Elle a été la première femme à devenir Fellow de l’Institut de la propriété intellectuelle du Canada (IPIC). Elle a été présidente de l’Institut de 1978 à 1979 et a été nommée membre de distinction en 2008. En 2019, elle a été honorée par l’IPIC en tant que première récipiendaire du Prix pionnier.
Elle a été la première Canadienne et la première femme à être nommée présidente de l’Association internationale pour la protection de la propriété intellectuelle (AIPPI), de 1992 à 1995. Elle a été nommée membre d’honneur en 1995.
Être une femme dans la profession juridique n’a pas toujours été facile. Lorsqu’elle assistait aux réunions du cabinet au St. James Club, elle devait au départ entrer par une entrée secondaire réservée aux « dames », une pratique qu’elle a réussi à faire changer. Elle souhaitait également devenir membre du University Club of Montréal. L’une des exigences était d’être un homme diplômé d’une université ou d’un collège. Avec l’appui de plusieurs membres éminents, Mlle Clark a fait pression pour que ces règles soient modifiées et a finalement été admise comme membre à part entière du Club.
En plus de sa carrière en droit, Joan Clark était passionnée par le traitement humain des animaux. Elle a été présidente de la SPCA de Montréal. Parmi les nombreuses avancées qu’elle a menées, elle a convaincu le gouvernement du Québec d’adopter une loi progressiste visant à assurer la protection des animaux. En fait, elle a personnellement rédigé le projet de loi.
Joan Clark a reçu la distinction d’Advocatus Emeritus du Barreau du Québec en 2007 et a été nommée Officière de l’Ordre du Canada en 2008. Elle a reçu la Médaille du jubilé de diamant de la reine en 2012.