2001 à 2016 : L’IPIC se donne les moyens de réaliser ses ambitions
Pour ma contribution aux célébrations du centenaire de l’IPIC, j’ai choisi de résumer comment l’Institut s’est donné les moyens de réaliser ses ambitions au cours des 15 années qui ont suivi son 75e anniversaire. Il l’a fait principalement dans trois secteurs d’activité : le perfectionnement professionnel, la défense des intérêts et les communications.
Commençons par un peu de contexte. J’ai été directeur général de 2001 à 2015 et, après une courte pause, j’ai travaillé à contrat sur des dossiers de défense des intérêts jusqu’à l’arrivée d’Adam Kingsley à la fin de 2016; Anne-Josée Delcorde a occupé le poste de directrice générale par intérim pendant cette période de transition.
Au début du siècle, les comités étaient bien établis, nous comptions trois employés et le Conseil avait clairement défini ses objectifs. Il restait toutefois à développer les moyens nécessaires pour les atteindre.
Perfectionnement professionnel
En 2001, l’IPIC offrait déjà des séances de préparation aux examens ainsi que des cours d’été en collaboration avec l’Université McGill. Le Conseil souhaitait créer un cours de formation destiné aux agents de brevets. Nous avons donc franchi une étape importante pour nous donner les moyens de réaliser nos ambitions : l’embauche d’Anne-Josée à titre de première directrice du perfectionnement professionnel. Cette décision stratégique reposait sur l’hypothèse que son salaire serait couvert par les revenus générés par les activités de formation; ce fut effectivement le cas.
C’est ainsi que les cours de formation pour les agents de brevets et les agents de marques de commerce ont vu le jour grâce au travail d’Anne-Josée, de comités de bénévoles très actifs et de membres prêts à contribuer à la formation de la relève de la profession.
Pendant le congé de maternité d’Anne-Josée, Kim Arial a été embauchée pour la remplacer. Au retour d’Anne-Josée, Kim est demeurée au sein de l’équipe afin de poursuivre l’élargissement de l’offre de formation et de renforcer les réunions annuelle et du printemps. Parmi les réalisations dont je me souviens, il y a notamment l’enregistrement, pour CPAC, d’un débat sur la brevetabilité des formes de vie supérieures lors de l’une des réunions du printemps.
À propos de la Réunion du printemps, voici une étude de cas qui pourrait figurer dans un programme de formation en gestion d’associations. Il n’est pas facile pour une association de mettre fin à une activité qui fait désormais partie de ses traditions. Or, l’organisation de deux grandes conférences par année exigeait énormément d’énergie pour une organisation de la taille de l’IPIC. Le Conseil a donc décidé de mettre fin à la Réunion du printemps et de réaffecter le temps du personnel et des bénévoles à la création des premiers webinaires de l’IPIC. Cette façon d’offrir de la formation était encore relativement nouvelle dans le milieu associatif. Comme on dit, « le reste appartient à l’histoire ». Grâce aux efforts des bénévoles, d’Anne-Josée et de Kim, les webinaires ont permis à l’IPIC d’offrir davantage de formation à un plus grand nombre de membres qu’il n’aurait été possible de le faire au moyen d’une conférence annuelle à Ottawa.
Défense des intérêts
Avant mon arrivée, l’IPIC avait clairement déterminé la nécessité d’adopter des dispositions législatives concernant le privilège relatif aux communications entre les agents et leurs clients ainsi que de créer un organisme de réglementation de la profession. Évidemment, l’adoption de ces mesures législatives a pris beaucoup plus de temps que ce que l’on prévoyait à l’époque.
Il a d’abord fallu nous organiser. Je me souviens que, lorsque le moment est venu pour moi de m’inscrire comme lobbyiste, le Conseil a débattu de la question de savoir si nous étions ou non une organisation de lobbying. Ensuite, il a fallu promouvoir des modifications législatives ou de nouvelles lois pour lesquelles il existait très peu de précédents au niveau fédéral. Nous avons également dû surmonter une opposition externe et, finalement, répondre en détail à de nombreuses consultations.
Mais, pour la première fois dans l’histoire de l’IPIC, des employés rémunérés allaient intervenir directement auprès du gouvernement. Nous avons aussi fait appel à des experts pour nous aider dans différents aspects de ces projets, notamment Impact Public Affairs.
Le fait de nous donner les moyens de réaliser nos ambitions a permis à l’IPIC d’amplifier le travail de ses bénévoles, notamment grâce à des présentations devant des comités parlementaires, à des rencontres avec des conseillers de ministres et du premier ministre, ainsi qu’à des conférences de presse sur la Colline du Parlement. Nous avons même organisé des campagnes au cours desquelles les membres rencontraient leurs députés.
Mais ce dont je me souviens surtout, c’est que le processus lui-même a été aussi important que l’atteinte de ces objectifs. En développant notre cadre de défense des intérêts, nous avons élargi notre représentation au-delà de l’Office de la propriété intellectuelle du Canada (OPIC) pour rejoindre de nombreux ministères fédéraux, des députés, des sénateurs et des gouvernements provinciaux. Cela a établi l’IPIC comme une ressource crédible en matière de propriété intellectuelle et nous a permis d’intervenir sur un vaste éventail de questions touchant nos membres et leurs clients. Des dizaines de mémoires ont été produits au cours de cette période grâce aux innombrables heures de travail bénévole consacrées par les comités et le Conseil.
Communications
La plupart des membres de l’IPIC sont également membres d’autres organisations, notamment d’associations internationales de propriété intellectuelle ou d’associations de juristes ou d’ingénieurs. Aujourd’hui, la plupart des communications sont électroniques, mais à l’époque, elles étaient sur papier. Et nos publications se comparaient assez mal à celles de ces autres organisations, plus importantes, même si nos activités étaient tout aussi professionnelles.
En collaboration avec la firme TD Graham & Associates, nous avons donc modernisé les brochures promotionnelles et le Bulletin. Ces changements ont eu une incidence positive sur la perception qu’avaient nos membres de l’association. Soit dit en passant, Robyn O’Neill travaillait chez TD Graham & Associates avant mon arrivée et elle est aujourd’hui employée de l’IPIC, ce qui fait d’elle la personne non bénévole ayant la plus longue ancienneté à l’Institut. Je tiens également à mentionner Toni Gosson, qui était là avant moi et qui a continué pendant de nombreuses années à travailler dans l’ombre au service des membres de l’IPIC.
Éventuellement, le courrier électronique s’est ajouté à nos outils de communication. L’embauche de Véronique Coch à titre de première agente des communications — puis directrice des communications — durant cette période a largement contribué à nous donner les ressources nécessaires pour atteindre nos objectifs.
Comme je l’ai mentionné plus haut au sujet de la défense des intérêts entourant la création d’un organisme de réglementation, le parcours a été aussi important que la destination. L’incidence sur les communications avec les membres en est un bon exemple.
Un changement d’une telle ampleur au sein de la profession exigeait non seulement de bien l’expliquer, mais également de solliciter les commentaires des membres. Nous avons donc commencé à jumeler les rencontres informelles, qui existaient déjà, aux réunions du Conseil afin de faciliter les échanges d’idées avec les membres des différentes régions. Nous avons ensuite créé la tournée annuelle du président. Nous avons également offert des webinaires sur le projet d’organisme de réglementation. La création de ces occasions de dialogue avec les membres a constitué une étape importante dans l’évolution de l’IPIC.
La valeur des personnes
Au fil des ans, notre équipe est passée de trois à huit employés. Au moment d’écrire ces lignes, je garde de merveilleux souvenirs d’une équipe formidable. Je dois également souligner la clairvoyance dont les différents Conseils ont fait preuve au fil des ans — et que nous constatons encore aujourd’hui — en favorisant la stabilité du personnel.
Cela m’amène à conclure en soulignant que les Conseils de l’IPIC ont non seulement toujours été ambitieux, mais qu’ils ont également toujours été composés de personnes dévouées à l’Institut, déterminées à créer de la valeur pour les membres et à améliorer le système de propriété intellectuelle au Canada.
J’ai eu le plaisir de travailler étroitement avec les membres du Conseil, avec de nombreux membres de comités, avec d’anciens présidents dont l’engagement ne s’est jamais démenti et, tout particulièrement, avec les présidents qui se sont succédé de 2001 à 2016. Ce fut un véritable privilège.
Michel Gérin, membre honoraire
